Que comprendre de l’obsolescence programmée ?

On change une TV ou une machine à laver parce qu’ils sont souvent en panne, une imprimante qui n’est plus réparable, une voiture puisque les réparations coûtent cher, le téléphone qui n’est plus tendance, etc. Derrière tout ce système, il y a un fabricant qui a décidé de la date limite de leur durabilité.

L’obsolescence programmée est la planification de la durée de vie d’un produit industriel mis sur le marché. Elle est préméditée par les fabricants, afin de renouveler les marchés et augmenter les gains. Elle touche aussi bien les aliments ; on parle de péremption planifiée. Elle est soumise à des lois en France et dans le monde entier.

Un peu d’histoire !

C’est en 1932 que l’agent immobilier new-yorkais, Bernard London, a publié des pages sur ces techniques pour mettre fin à la crise économique. Il trouvait que les consommateurs devraient changer de produit avant qu’il ne soit hors usage, pour faire tourner la roue de l’économie. Il appelait les gouvernements à encourager cette méthode. En 1950, le designer industriel Steven Brooks, proposait aux entreprises de provoquer l’obsolescence de leurs produits. Il proposait de créer incessamment, de nouveaux modèles et styles, et de changer la mode en tout produit industriel pour tirer profit.

Les différents types d’obsolescence programmée

Un produit peut être obsolète volontairement, par limitation de durée de vie de ses composantes. Une pièce de rechange défectueuse dans une voiture ou un portable, met fin à son utilisation. Une imprimante marche toujours jusqu’à rupture volontaire et définitive de ses cartouches du marché. Ça peut l’être aussi par manque de fonctionnalité préméditée, bien qu’il reste fonctionnel, ou en mettant sur le marché, un produit plus innovant avec un nouveau design. C’est le cas des appareils électroniques et des automobiles.

De ce fait, il existe divers types d’obsolescence programmée :

  • L’obsolescence fonctionnelle : par défaut technique irréparable. Ceci se voit souvent dans l’industrie automobile et dans les articles informatiques.
  • L’obsolescence esthétique ou psychologique : c’est l’effet tendance ou mode. Ceci est guidé par les stratégies marketing et les publicités.
  • L’obsolescence indirecte : par incompatibilité avec les nouveaux produits mis sur le marché (exemple, chargeur de téléphone).
  • L’obsolescence des services après-vente : c’est un produit irréparable par le fabricant. Le consommateur est obligé d’acheter.

Une programmation au service de l’économie ?

Bien que globalement et vu d’un seul angle, on donne raison aux fabricants. Devant un produit qui dure 20 ou 30 ans, la consommation baisse et les entreprises ne produisent plus. La baisse de production va engendrer la fermeture des usines et flamber le taux de chômage. Or, ces techniques peuvent engendrer des abus en mettant des produits défectueux et de mauvaises qualités. Il y aurait une surconsommation de produits à bas prix, jetables, sans résoudre les problèmes économiques et d’employabilité. Les petits profits seraient limités aux fabricants.

Pour limiter les dégâts et les abus de l’obsolescence programmée, des lois l’organisent. En France, le texte de loi la définit comme l’ensemble des techniques, par lesquelles un metteur sur le marché vise, notamment par la conception du produit, à raccourcir délibérément la durée de vie ou d’utilisation potentielle de ce produit, afin d’en augmenter le taux de remplacement. Des appels avec rapports et arguments lourds, ont été lancés depuis 2016 en France, pour une garantie décennale obligatoire. En 2017, une première plainte pour délit d’obsolescence programmée a été déposée par le mouvement HOP (Halte à d’Obsolescence Programmée).

Les impacts sur l’environnement

Les écologistes et les organisations de défense du consommateur, pointent le doigt vers ces techniques de non-durabilité. Ils accusent l’obsolescence programmée d’augmenter les bénéfices des entreprises, mais encouragent la surconsommation. Les déchets des produits polluent et le problème de recyclage réside toujours dans plusieurs pays. En France, pour l’intérêt général, l’obsolescence programmée est devenue un délit depuis 2015.

 

 

Anthony